jeudi 25 septembre 2008
Cycle Taxol-Avastin -6-
Sixième cure. On se fait à tout je pense. Je n'ai plus envie de compter, mais je commence à savoir que de rester là à piagnucoler* sur mon sort ne sert à rien, parce le plus dur est sûrement à venir....
Là, me reposer, c'est tout.
*italianisme: 'sorte de lamentation larmoyante'
vendredi 19 septembre 2008
Des étoiles en plein jour

Des étoiles, comme
s'il en pleuvait...
Souvenir d'Eté.
Bon WE à tous...!
jeudi 18 septembre 2008
Phénomène
Plus de doutes, j'ai bien vu cette fois à la lumière rasante du soleil, du duvet le long de mes jambes!
Après examination précise du 'phénomène', le bilan fait état de la repousse d'une future pilosité toute méditerranéenne humpfff, de mes sourcils [aaaaaaaaah enfin!!!], et de mes cheveux siiiiiiiiiiiiiiiiii héhé !
Bon pas encore de quoi s'extasier vraiment genre publicité pour shampoing brillance mais j'ai bon espoir quand même...
Cela fait quand même trois fois que je perds mes cheveux, alors on peut toujours dire, penser, se motiver etc sur le fait que c'est pas si grave (si on tient compte en prime que je n'ai jamais eu une très belle chevelure), il n'empêche que c'est pesant comme 'effet secondaire indésirable'.
Je suis un peu lasse aussi, j'ai un peu tout essayé: foulards, perruques, au naturel, en délire etc... mais la vérité c'est que c'est usant, et un peu triste. Donc trois fois qu'ils repoussent, ce n'est pas ma période préférée: ça filasse, ça tige à tout va, de travers, dans le désordre: un phénomène, sic!
mardi 16 septembre 2008
La marche de Béa!
Elle est incroyable Béatrice!
J'ai pris l'habitude sur son blog, de la suivre trottiner ici et là appareil photo en main, profitant des balades avec elle en quelque sorte. Eh bien elle a poussé sa démarche jusqu'au bout avec cette magnifique idée:
Je lui souhaite
une marée humaine
et
solidaire
venue marcher à ses côtés ...
samedi 13 septembre 2008
Eden
Décliner
les accalmies en mille Eden,
Âme en fleurs, baume au
coeur
il est toujours l'heure...
bon WE à vous...
vendredi 12 septembre 2008
Après la pluie
J'ai cru qu'il pleuvait mais n'ai rien vu, mes lunettes tombées du nez, pour mieux pleurer. Et maintenant je ne peux même plus lire l'histoire d'une courgette ni son autobiographie. J'ai mal mais ne préfère pas trop y penser, je me dis qu'elle n'est pas à moi, la douleur, qu'elle ne fait que passer; je me sens triste et embuée, mais je ne veux pas trop le raconter non plus: temps perdu. Je veux déménager dedans et chez moi, j'ai tiré quelques affaires, alors les forces m'ont quittées, fâchées à me crier dans les oreilles que je suis folle de ne pas attendre qu'on vienne m'aider. Je suis punie, c'est pour cela que j'ai mal qu'il pleut que je ne vois rien des lunettes tombées du nez. Mes larmes, sont des cailloux, à cause de la poussière d'os dans les yeux, qui dégorgent avec peine, avant de tinter au sol dans une sonorité curieuse. Il fait tout gris, je crois que je suis devenue le drap du lit.
'amé agara...'
jeudi 11 septembre 2008
Gourmandise (s)
J'ai eu envie de suivre le sillage gourmand de Tili et de son fil de recettes en blog que j'ai trouvé alléchant, motivant...
Voilà donc mon humble recette, hérité de ... non je ne dirai pas! ^ ^
Poires Belle-Baleine
(eh oui cette recette a un nom, et ne demandez pas pourquoi ...)
Les ingrédients, en dehors du sucre et accessoires, sont d'origine biologique...
3 oeufs
battre fermement en ajoutant dans l'ordre, et en homogénéisant à chaque fois:
1/2 verre de sucre
1 verre de farine de seigle
2 verres de lait entier
Verser dans un moule beurré et ajouter
3 poires bien mûres, pelées coupées en dés
Accessoires:
pincée de matcha,
cannelle selon désir ou autres épices,
graines de sésame noir de ci de là...
Four 220° 45 minutes et plus parfois ...
Résultat selon tour de main, le mien est tout au hasard, d'ailleurs cela doit être pour cette raison que les pâtisseries ne m'aiment pas beaucoup en fait... Je suis bien plus douée pour 'organiser ce qui reste dans mon frigo': en général c'est plutôt bon même qu'on en reprends!
mercredi 10 septembre 2008
Le droit au désir [...] etc
Le droit au désir, après un cancer du sein
Marie-France septembre 2008, page 84
cit."Après avoir surmonté un cancer du sein, certaines femmes doivent affronter les bouleversements qui interviennent dans leur vie intime et sexuelle. Une situation souvent liée à un manque de communication en consultation..[...]"
Je ne suis pas une lectrice de ce magazine, je l'ai glané le jour de ma dernière chimio à la caféteria-presse de la Clinique. Mais je peux déjà dire qu'il manque dans ce titre le 'pendant' et même le 'avant' un cancer (du sein ou autre d'ailleurs).
L'article assez court, parle de désir affaibli, de difficulté à avoir des orgasmes, de la mise au placard de cette 'partie là' de leur vie pour des femmes loin, oooh très loin d'être en grand âge et quand bien même!
Quel dommage!
Mais j'ai quand même trouvé rassurant de lire un article qui ose enfin dire que nos cancérologues et associés vont enfin clairement s'intéresser à notre vie sexuelle! Il est dit par ailleurs que l'institut Curie s'engage sur l'année 2009 à une formation de sensibilisation sur ce sujet pour ses équipes... Pas trop tôt hein!!!!
Il est clair que les traitements ont des effets sur le corps, (et qu'en plus si déjà avant la maladie, la vie sexuelle était sans attrait, voire un néant, cela ne va pas s'arranger)...Mais le désir enfui n'est pas une fatalité, encore faut-il avoir envie d'avoir envie...
Je me vante régulièrement auprès de mon cancérologue du bon niveau de ma libido, cela le gênait un peu au début, il m'avoue que je suis la seule à en parler ainsi, et qu'en prime j'ai 'bien de la chance, parce que les traitements, d'habitude hein...' (silence éloquent) . De fait, au moindre soupçon d'inconfort ou de désagrément, je prends la chose très au sérieux et je réclame des solutions illico!!!! Je dois avouer que l'idée même d'une baisse du désir, m'angoisse... Il est ma source de Vie, mon repère vital, mon baromètre... Mmmmh et jusque là mon intérêt a été largement récompensé! (pourvu qu'ça dure!!!!)
Bon et puis oui j'aime 'ça', oui ma sexualité me plait, je m'y intéresse, je la chouchoute, alors je coquine, je maraude: et je ne vois pas pourquoi je devrais en faire le deuil sous prétexte que je suis malade...Les malades, comme (ou plus que?) les autres ont le droit d'avoir une vie sexuelle épanouissante.
Aaaah ça fait du bien, ça change des petites horreurs habituelles et hum hum en plus j'adore parler de sexe... ^ ^
ps: celles qui se trouvent confrontées au célibat ou au désintérêt de leur compagnon, peuvent toujours se laisser tenter par un amant délicat, et/ou décider ne plus s'ennuyer toutes seules: il y a bien des manières amusantes de se faire plaisir, très intimement... juste entre soi et soi...
ps": il existe aussi des accompagnements thérapeutiques qui permettent de retrouver cette confiance là...
mardi 9 septembre 2008
Imago
Cela devient plus difficile -il me semble- de trouver sur mon visage autre chose que les stigmates de la lassitude médicamenteuse. Et ses marques comme au feutre.
Poudres, fards, fluides, crèmes et crayons ne miroitent plus comme avant dans mes mains, je reste désormais le plus souvent indécise sur le ton à donner, la couleur à accorder. Je le fais encore, oui bof par habitude, me maquiller.
Mais je ne ressens plus 'ce' plaisir à 'me faire belle', tant la fatigue qui déverse ses boues, rends impropre l'image qui revient vers moi après être passée par le miroir.
Mon corps non plus ne me ressemble plus vraiment, il fait pâle copie, raboté ça et là, qui grince et dolorise mes matins chagrins. Je le sais, combien il y a d'orgueil à se vouloir 'belle'; je dis 'belle' mais c'est en toute relativité
évidemment. Je parle simplement d'une beauté qui respirerait au moins la santé, le reste
s'accorderait avec le panache des étincelles et de ses évidences.
Je me souviens quand j'allais bien...cette 'autre vie' qui me semble étrangère tant elle est loin.
Ainsi, parfois, inutile, j'arrondis les
lèvres pour me murmurer des choses, oh pathétique! mais voilà que je tangue, brindille hasardeuse dans un canal lacrymal, avant de chavirer ...
vendredi 5 septembre 2008
La magie du voeu
Du pays d'où je viens, on aime se souvenir, raconter le passé avec une nostalgie vibrante et lui faire une place au présent. Parait-il que je suis moi-même une mélancolique, cela se décèlerait aisément dans mon écriture; et que cela tiendrait donc à mes origines ethniques... (?)
Je fais de mon mieux pour m'en défendre de ces 'souvenirs', de ce 'qui n'est plus'. Je n'oublie pas non, mais j'évite de convoquer les souvenirs pour habiller mon présent, car cela me rends triste et fait transpirer les couleurs du présent, qui alors me semblent moins jolies... Le présent requiert déjà toute mon énergie et toute mon attention pour être vécu pleinement en déroulant doucement vers 'demain'....
Mais il est des souvenirs qui sont comme un phare dans une mer mouvementée, une lueur, un repère pour éviter le naufrage: le genre de souvenir dont il est 'Bonheur' de repenser...
Parce qu'en ce 5 septembre, je me souviens d'un Kaki dans une boutique parisienne, d'un voeu murmuré en mon coeur, ooooh et de l'émotion trouble et des larmes de ce brin de femme qui voulait vivre encore sans parvenir à s'imaginer en vie une année après, cela lui semblait si loin, trop loin...
Je ne suis pas retournée à la boutique, je ne sais même pas s'ils en vendent toujours, mais je sais savourer la force et la magie du voeu ...



