mardi 9 septembre 2008
Imago
Cela devient plus difficile -il me semble- de trouver sur mon visage autre chose que les stigmates de la lassitude médicamenteuse. Et ses marques comme au feutre.
Poudres, fards, fluides, crèmes et crayons ne miroitent plus comme avant dans mes mains, je reste désormais le plus souvent indécise sur le ton à donner, la couleur à accorder. Je le fais encore, oui bof par habitude, me maquiller.
Mais je ne ressens plus 'ce' plaisir à 'me faire belle', tant la fatigue qui déverse ses boues, rends impropre l'image qui revient vers moi après être passée par le miroir.
Mon corps non plus ne me ressemble plus vraiment, il fait pâle copie, raboté ça et là, qui grince et dolorise mes matins chagrins. Je le sais, combien il y a d'orgueil à se vouloir 'belle'; je dis 'belle' mais c'est en toute relativité
évidemment. Je parle simplement d'une beauté qui respirerait au moins la santé, le reste
s'accorderait avec le panache des étincelles et de ses évidences.
Je me souviens quand j'allais bien...cette 'autre vie' qui me semble étrangère tant elle est loin.
Ainsi, parfois, inutile, j'arrondis les
lèvres pour me murmurer des choses, oh pathétique! mais voilà que je tangue, brindille hasardeuse dans un canal lacrymal, avant de chavirer ...
Commentaires
Non cette autre vie n'est pas si loin, enfin pas complètement. Par moments tu es plus fatiguée qu'à d'autres, mais tu restes une étoile qui brille, peut-être moins régulièrement, mais bien assez pour nous faire rêver ;)
M.
J'aime ce petit cérémonial du maquillage...
Mais ce n'est qu'un joli moment...
Celui ou tu colores ton visage d'une lumière bien moins éblouissante que celle dont tu rayonnes naturellement...
Cette 'Aura' qui nous aspire, nous inspire, et qui prend sa source dans mille petits détails qui te rendent infiniment Belle...
Brindille chahutée, ballottée, parfois noyée, cassée, mais jamais coulée, tu flottes au fil de l'eau et des jours, tu luttes à contre-courant, tu sais qu'après le torrent impétueux de tes souffrances et la mer d'huile de l'attente viendra la source miroitante et son eau claire, lumineuse et apaisée. Nous, on te suit au gré du courant, on est la main qui te tire parfois hors de l'ornière, le regard qui te rend belle, le soleil qui te rechauffe, le souffle qui te remet à flot lorsque le vent s'est tu... et avec toi, petite brindille, on ira jusqu'au bout, jusqu'à l'arbre qui t'a malencontreusement perdue...
Parce que je n'aime pas te voir tanguer dans cette eau-là, trop salée à mon goût ... et que je veux que tu viennes à Lille (l'île ?) un jour...
les miroirs sont de faux -amis,car j'ai lu dans tes yeux chavirés la beauté de ton âme, "source -émotion" naturelle, "source de vie intarissable" qui met "à flots" la profondeur de ton être
bises salées -sucrées "just for you"
sylvie

