mardi 24 juin 2008
Cohésion
Durant ces dernières semaines, j'ai eu, à un moment donné, le sentiment - mais pas forcément juste hein d'ailleurs! - que la cohésion autour de moi était moins forte. Moins. Moins qu'avant. Comme si après avoir fait bloc pendant une année déjà, il était temps aussi pour chacun de reprendre le cours normal de son existence, et de souffler!
Quelle lassitude pour eux d'avoir leur amie malade, me disais-je...
Parce que dans le fond, une chimio de plus, ou de moins, ne reste-t-on pas dans la banalité? ... alors il n'y a vraiment pas de quoi en faire toute une histoire (etc etc ...) et qui sait si ça n'allait pas durer encore longtemps en prime! (ou mal finir? -plus probable- et en ce cas, mieux vaudrait ne pas se trouver en première ligne, ce que je peux bien comprendre...ah ça oui je comprends bien...).
Aussi au lieu de téléphoner et chercher à partager ma détresse, je me suis mise à cloche-pied pour reprendre le chemin de la maladie, résignée à la vivre seule -ou presque-.
Parce qu'après tout, le cancer n'est-ce pas un peu une histoire entre soi et soi?
J'étais déjà bien assez triste de l'imposer à ceux que j'aime autour de moi, je n'avais aucune envie de leur imposer 'à nouveau' la 'même' implication que l'année dernière. S'il faut savoir demander, il faut aussi savoir laisser la liberté de choix. Telle était ma position. Un peu bornée, je l'avoue. Surtout que, probablement sous le choc -tout autant sinon plus que moi-, cet entourage aimant a dû trouver les ressources nécessaires pour me soutenir, les mots 'justes' pour me parler, et aussi le courage de ne pas me montrer sa peine...
Ainsi donc, plus haut je notais en exergue ' -pas forcément juste hein d'ailleurs - à propos de ce sentiment de cohésion plus frêle, parce qu'en réalité, la trame amicale, si elle est composée différemment [certains sont plus proches géographiquement d'autres moins, chassé-croisé: c'est la vie!] elle n'en est pas moins bien solide et présente. Tout à fait présente même.
J'avais simplement besoin d'être rassurée. C'est fait.
Commentaires
Tu sais ce que je pense des perceptions en général, et de celles "sous traitement médical" en particulier ...
Difficile d'avoir du recul ...
L'éloignement géographique ne sera jamais un obstacle à la cohésion.
Et jamais tu ne "lasseras" tes amis sous prétexte de santé !
Ravi que tu sois rassurée, ils avaient peut-être juste besoin de temps pour trouver comment gérer cette période avec toi, autour de toi.
Ce n'est pas toujours simple de soutenir sans enfoncer... Mais quoi qu'il arrive les amis sont toujours là, parce que c'est à ça qu'on les reconnaît ;)
M.
Eux aussi avaient peut-être besoin d'être rassurés....
L'amitié, c'est fort, ça résiste malgré les tempêtes et même malgré les tsunamis... mais je comprends que tu aies besoin de l'entendre se dire !
Je fais sans doute partie de ceux qui ne l'ont peut-être pas assez exprimé concrètement... merci de nous dire tes sentiments, justes ou pas... Les amis peuvent tout entendre.
Bises, Stella mia
Oui "ils" veulent souffler...
.......je ressents leur besoin de souffler et même si je n'ai pas à me plaindre, je suis bien entourée, tu as raison, le cancer est une histoire entre soi et soi, c'est certain !
Les silences sont parfois plus sincères que les mots.Ils sont peut-être partagés entre leur peine et le désir de vous insuffler la vie, une forme de respect aussi.Je pense qu'il est difficile de trouver un juste équilibre ,ne pas communiquer sa peine et trouver les justes mots. Ce n'est pas facile pour votre entourage .Gardez le moral,ils pensent à vous.
Ils sont sans doute silencieux pour ne pas être maladroit et sans doute aussi très malheureux par ce nouveau combat que tu dois mener.
En tout cas sache que même si je me manifeste pas je suis de tout coeur avec toi.
Je t'embrasse
Cathy
Les silences sont souvent chargés de beaucoup d'émotions et de partage. Les amis et ceux qui t'aiment sont là, plus ou moins loin, mais là, toujours prés de toi d'une façon ou d'une autre. Plus ou moins "bruyants", plus ou moins "bavards" mais ils sont là et accourent au moindre appel... ce sont des amis tout simplement.
Plein de big bisous pour toi ma belle étoile.
Bisous qui rassurent !
Une histoire entre et soi ? Sûrement !
Mais je réponds présente quand même, pas quand tu ne le voudrais point mais justement quand tu as besoin d'être rassurée,
Plein de bisous qui rassurent,
Lucioe
un collier nommé "présence"
quand tes proches se reposent, les personnes éloignées prennent le relai. La trame invisible des internautes est là bien présente, dans tes espaces de silence, reliant tous les mots de tendresse et d'affection sur un fil solide de cohésion, collier tissé d'espoir et perles de soutien multicolores, à regarder, à caresser, à faire tinter pour continuer de te rassurer à l'infini.
Sylvie
Ben ça alors !
Des paroles comme celles-ci te vaudrait une bonne fessée mademoiselle Stella...
Non mais, doutez de nous, tes amis, qui pensons à toi sans arrêt et qui prions pour que tout rentre enfin dans l'ordre, que la souffrance stoppe et que tu retrouves ton âme insouciante et libérée...
Que je ne t'y reprenne plus à délirer de la sorte...
Pardon de t'avoir laissé ressentir cela. Je pense à toi chaque jour, même si je ne suis pas toujours disponible pour être là.
Je t'embrasse affectueusement.
(PS : je suis d'accord quand même avec Eléa).

