mercredi 30 avril 2008
Thierry Janssen
Allez, j'avoue! Je suis lassée de lire des écrits sur la psychologie/alimentation/témoignages divers et variés et autres blablablablabla du cancer. L'impression d'en avoir fait le tour d'une part, et le pire étant de faire le constat désillusionné, de tant de 'méthodes'/'trucs' dont je connais désormais les limites.
Avec Vivre le cancer du sein ... autrement, de Thierry Janssen; est-ce pour les points de suspensions? -que j'affectionne tant-, est-ce pour les mots 'vivre ... autrement'?, est-ce parce que ce livre est un cadeau? [merci....^ ^ ], eh bien je l'ai trouvé intéressant.
Il retrace le parcours du cancer du sein de manière honnête, sans entrer dans les superstitions et autres approximations faciles. Il aborde le rapport de la femme face à la maladie, mais aussi face aux autres, face à la médecine, face à elle-même ... et face à l'avenir.
Léger et motivant: à lire!
^ ^
mardi 29 avril 2008
Origines
Une infinie douceur émane de ces paysages bucoliques autour de moi; ciel et mer semblent cousus du même fil. Je pourrai fondre, me liquéfier ici, prendre la même saveur que Tout, et devenir sans différences, terre, granit, asphodèle, herbe, chêne penché sous le vent, ciel nuancé d'azur, mer émeraude et cristalline; puisque c'est ma terre-racine, vivante dans mes mémoires.
J'absorbe l'intangible, j'avale l'évanescence du vent, ciel et nuages, bleu de mer, j'inspire la force du basalte, du granit et de cette terre aux ancêtres guerriers.
Je me ressource.
Origines.
jeudi 24 avril 2008
Une étoile en vadrouille
Soon back ....
mercredi 23 avril 2008
Paula -3-
Le
mari de Colette était médecin, et chose curieuse, il
refusait d'entendre parler de la maladie de sa femme à la
maison; elle ne pouvait donc jamais partager ni ses peurs, ni ses
souffrances et son coeur était en miettes de ce pire qui
l'accablait. Elle avait essayé tous les traitements
alternatifs possibles pour empêcher les
métastases de continuer leur oeuvre morbide. Sans succès. 'La science fait
des progrès chaque jour' aimait elle nous rappeler.
Pourtant à
chaque réunion, elle déclinait. Elle rapetissait. Un
jour elle allait disparaître si la science ne se précisait
pas au plus vite. Et on ne la verrait plus. Plus du tout. Plus
jamais!
La dernière fois qu'elle est venue au groupe de
parole, sa vue avait baissé, 'c'est l'âge' lui avait dit
son oncologue, elle avait tout juste 45 ans; je me souviens comme si
c'était hier, elle cherchait ses mots, recommençait ses
phrases, nous parlait d'un produit miracle particulièrement
ruineux 'mais pour la santé on ne compte pas' se
justifiait elle aussitôt, puis elle souriait doucement.
Ensuite
elle n'est plus venue.
Alors je lui ai téléphoné
deux ou trois fois, cela lui était une joie, j'étais
une petite flamme au bord de son gouffre, et cela me serrait le coeur
à moi de l'entendre mourir au bout du fil et à ne
savoir quoi lui dire... Elle me répétait sans cesse que
j'allais m'en sortir, que j'étais jeune et la vie devant moi.
Moi muette, transpercée de l'entendre penser à mon bien
dans sa discrète agonie, le fil du téléphone
entortillé entre mes doigts, jusqu'à en avoir mal. Je
ne l'ai plus appelé ensuite, trop douloureux, et je n'ai
jamais eu le courage de demander 'Et Colette alors?'.
Je me suis trouvée
tellement lâche, que j'aurai voulu l'oublier; et c'est ainsi que tout naturellement elle est
venue hanter mes rêves, où je vois et revois encore ses yeux tristes et
son doux sourire...
mardi 22 avril 2008
Paula -2-
Il y avait une sorte de 'classification' entre nous: celles pour qui c'était la première fois -comme moi-, celles pour qui c'était la deuxième fois; arrivées là on comparait le nombre de mois ou d'années -pour les plus chanceuses- qui séparait la première fois de la rechute. Et on conjecturait, brodant les comparaisons.
Puis il y avait non pas un troisième groupe, mais un dernier groupe, celles dont le cancer s'était métastasé, et ne réagissait plus aux traitements. Là, on ne parlait plus de 'soins curatifs' mais 'soins paliatifs', on mettait à vif des souffrances qu'aucun médicament ne savait plus calmer, on ne parlait plus de guérir mais de partir sans trop trainer... Dans ces moments-là, je regardais par la fenêtre et m'attendait toujours le coeur en alerte à voir s'envoler quelques corbeaux.
Certaines,
en échec thérapeutique, me crevaient le coeur avec
leurs sanglots.
Anne était celle qui pleurait le plus et
s'inquiétait de l'avenir de ses proches, de sa fille
handicapée surtout 'que deviendra-t-elle la pauvrette?' et de
tout ce qui lui échapperait bientôt, le dernier souffle
rendu.
Elle organisait, méticuleuse, ses obsèques, et
le placement de sa fille en institut, ce qui lui donnait plus de fil à
retordre que tout le reste. Elle nous disait 'adieu, oh adieu' dans d'interminables effusions à chaque
réunion, pour revenir à la suivante encore plus
angoissée que jamais, se languissait d'en finir, puis pleurait
de plus belle puisque la mort se moquait d'elle.
Puis un jour, j'appris qu'Anne ne viendrait plus pleurer, la mort avait 'enfin' pris soin de l'emporter sitôt sa fille placée.
lundi 21 avril 2008
Paula
Paula, c'est à un groupe de parole consacré au femmes atteintes d'un cancer du sein, et à leurs proche, que je l'avais rencontrée. Des proches, il n'en venait jamais, mais des femmes 'en cancer', il y en avait une vingtaine peut-être environ, et nous nous réunissions deux fois par mois, encadrées par une thérapeute très douce, si éthérée qu'elle semblait un ange, et qui partait parfois méditer dans le désert saharien.
Je me souviens de ces femmes : Yvonne, Marie-Do, Colette, Anne et Paula, et, toutes celles dont j'ai oublié le prénom. Leurs visages aux yeux tristes et résignés dansent dans mes rêves parfois la nuit. Je les écoutais parler de leur cancer, de leurs petites joies; ce dernier point surtout enthousiasmait particulièrement notre thérapeute et ragaillardissait par la même occasion le moral des troupes: Anne avait jardiné quelques minutes, des bulbes dans la terre encore dure de l'hiver, une embellie! Colette avait savouré une fraise, juste une, un matin de mai, une victoire sur la maladie qui l'avait vidée et qui lui avait retiré le goût de tout, et de la vie aussi. La plus hardie avait voyagé jusqu'à Paris rejoindre une amie, et visité le jardin tout en eau du château de Versailles! Un exploit!
On
se congratulait, on se félicitait pour ces choses simples
qu'on avait réussi à rendre importantes.
Et
puis il y avait ces moments, que je redoutais toujours un peu,
nombreux et poignants, où elles parlaient de traitements, de
souffrance, de peur, de corps qui lâchent, d'organes à
l'agonie, de mort... Elles en parlaient avec des mots si précis
que cela nouait la gorge, fronçait les sourcils. J'avais du
mal à y croire moi, je me sentais si vivante...
vendredi 18 avril 2008
Chaleur mystique
Avec
la finitude dans son horizon
la
chaleur mystique éclaire et apaise
le coeur en pleurs
Huile sur toile 40X50
sans titre -si ça vous tente de m'en trouver un....-
Bon WE à tous et toutes.... ^ ^
jeudi 17 avril 2008
Méditer aide à vivre
"Le maître zen Taisen Deshimaru aimait rappeler cette métaphore orientale qui compare l'être humain en méditation à une verre d'eau boueuse. On pose le verre sur la table et on observe: la boue se décante lentement, tandis que l'eau claire remonte. Il en est de même en nous quand nous entrons dans une pratique méditative: notre esprit brouillé, perturbé par les préoccupations du jour ressassées en boucle, notre corps tendu, énervé, toute notre agitation psychosomatique se calment peu à peu -et l'eau claire de la conscience réapparait en nous...."
Marc de Smedt, Le petit guide la méditation
Méditer aide à vivre.
mercredi 16 avril 2008
Defend yourself
Il y a des attentions qui valent de l'Or, surtout quand c'est une amie qui vous ramène dans sa valise londonienne une tisane au packaging sympathique et à la composition plutôt prometteuse: échinacée (5%), fleurs d’hibiscus, églantine, menthe poivrée, feuilles de ronces, arôme naturel de fraise et d’orange! Côté saveur, un bel équilibre même sans sucre.
L'Echinacée est un protecteur immunitaire, et ça tombe bien! ^ ^
Dr Stuart, et ses 'herbal tea' : à découvrir...
mardi 15 avril 2008
La mine soucieuse de mon oncologue
Il a la mine soucieuse mon oncologue [je préfère dire oncologue que cancérologue, pas vous?], il m'appelle par mon prénom et il me tutoie, souvent cette douce familiarité en contraste avec les circonstances me donne envie de pleurer. Je n'ai jamais pleuré devant lui. Je n'aimerai pas. Pas du tout. J'aurai peur de ne plus pouvoir m'arrêter... et alors de sinistrer la Clinique par de grandes eaux sans fin. Bibliques. Mon oncologue, il ne parle même plus à son dictaphone, il consulte mon dossier, les dernières pages du pavé -que je trouve presque aussi imposant qu'une pierre tombale- tout du moins, puis il reste longtemps debout à observer les derniers clichés par IRM de mon rachis - ma colonne vertébrale serpente sur neuf ou peut-être onze clichés collés au néon-, puis il revient au bureau, s'absorbe dans quelques lignes techniques signées de l'anapath', il pose sa main sur son front...et enfin il lève les yeux vers moi. Il dit mon prénom en s'adressant à moi.
Importante altération de la structure osseuse vertébrale de L2
Altérations secondaires sur S1, S2, L5, L4, L3, L1, D12, D11, D8, D7 et C3
Pas d'anomalies des parties molles [canal médullaire et moelle]
Retour ou presque au point de départ d'il y a à peine plus d'un an. Mon dossier va passer en commission afin d'élaborer une stratégie. Il reste si peu d'alternatives thérapeutiques que la notion d'espoir me parait superflue. Il ne me reste qu'à transformer la mort en évidence et apprendre à la regarder sans peurs.
Je n'ai pas pleuré devant mon médecin.
S > sacrum L > lombaire D > Dorsale C > Cervicale



